Le projet de naissance

Le projet de naissance permet de vivre un accouchement en évitant de se voir imposer certaines situations. Exemple : si vous ne dîtes pas que vous aimeriez accoucher en mettant de la musique, il fort possible que l’on ne vous le propose pas.
Concrètement, pour réaliser son projet de naissance, ça demande de se poser (je recommande de le faire seul(e) puis en couple histoire de réfléchir individuellement à ce qui est important pour soi) et de se dire dans l’idéal ce qu’on aimerait pour l’accouchement; soit « qu’est-ce qui nous correspond? » Et, si tout ne se passe pas comme on aurait voulu le jour J, au moins on aura rêvé d’un idéal et on l’aura vécu dans son imagination.
Au niveau de la forme, il est possible d’écrire un simple texte, une lettre, un tableau (je souhaite/je ne souhaite pas), etc. Quelque soit la forme choisie, il faut tenir compte de la perception des écrits dans la manière où cela sera formulé. Exemple : un tableau disant « je ne veux pas de péridurale » peut sembler plus froid que des écrits disant « j’ai déjà eu une péridurale où j’ai peu ressenti l’accouchement et donc j’aimerai cette fois-ci ne pas en avoir dans l’idéal ». Le but étant de voir son projet être réalisé, à vous de trouver la forme la plus pertinente qui vous convient pour exprimer vos souhaits. Sachez qu’un écrit formalisé et remis à la maternité peut aussi permettre à l’équipe soignante de mieux vous respecter en ce sens que l’hôpital sait que vous pouvez vous retourner contre eux s’il ne respecte pas votre choix sans justifications.
Pour vous aider à réaliser votre projet de naissance, à éventuellement l’écrire et surtout à en parler au (x) professionnel (s) de la maternité où vous allez accoucher, voici quelques demandes possibles :
– Choisir la position : sur le côté ? à 4 pattes ? de façon classique sur le dos avec les pieds sur l’étrier ? Il y a des positions en mesure de limiter l’agression du périnée et si vous êtes accompagnée pour qu’on vous montre comment positionner le bassin pour l’accouchement dans telle ou telle position, parlez-en,
– Ne pas mettre de perfusion d’emblée : poser une péridurale uniquement si on le demande pour pouvoir rester libre de ses mouvements pendant le travail et attendre une dilatation du col d’au moins 3 doigts,
– Ne pas mettre de monitoring en continu (si cela est possible) : si vous pensez que cela va vous générer des angoisses,
– Ne pas réaliser d’épisiotomie : si cela n’est pas absolument nécessaire. En général, de nos jours, les professionnels ont moins tendance à le faire de façon systématique mais ne sait-on jamais ce qui se passe, mieux vaut le formaliser.
– Mettre au sein le bébé le plus rapidement possible,
– Faire un peau à peau de 2h dès les premiers instants et avant de faire les soins médicaux (poids, tests de grasping, marche, redressement de la tête, …),
– Avoir une lumière tamisée,
– Pouvoir avoir de la musique,
– Pouvoir filmer et/ou être prévenu du moment où l’on sort le bébé pour le mettre dans les bras de la maman.
– Limiter les touchers vaginaux,
– Au moment de l’expulsion, ne pas faire de manœuvre sur la tête du bébé. Le bébé sait parfaitement effectuer par lui-même et sans cette manœuvre violente, les rotations nécessaires pour sortir.
– Concernant le cordon ombilical, ne pas le clamper trop tôt ni le couper avant qu’il ne cesse de battre car le fait d’attendre la fermeture spontanée des vaisseaux sanguins du cordon permet à l’enfant de bénéficier d’un apport sanguin optimal pour sa santé.
– Mesurer la taille du bébé le lendemain quand le nouveau-né n’est plus en position fœtale pour éviter qu’on l’étire,
– Prendre la température du bébé sous le bras et non en rectale tant que le méconium n’est pas sorti pour ne pas agresser cette partie-là
– Au niveau des soins du bébé, ne pas faire d’aspiration des fosses nasales et du pharynx ni des voies digestives si le bébé respire normalement. Le faire uniquement s’il a avalé du méconium ou du liquide amniotique. Le bébé peut expulser naturellement les glaires les jours qui suivent.
Pour les mamans qui accouchent la première fois, il est fréquent qu’on leur impose un fonctionnement « standard ». Parlez donc de votre projet d’accouchement suffisamment tôt (vers 6/7 mois) pour voir ce qui est possible ou non au sein de la maternité choisie. N’hésitez pas à expliquer vos choix. Exemple : Je crains que le monitoring m’angoisse alors je préfère qu’il ne soit pas en continu. Cela permettra aux professionnels de santé de comprendre votre projet, de mesurer son importance pour vous et au final de le respecter.
Sachez également que si certaines demandes devraient être simples à réaliser (exemple : que la lumière soit tamisée), d’autres peuvent être plus complexes car votre santé et celle du bébé seront une priorité et qu’il y a aussi des protocoles à respecter. Ainsi, il est possible qu’on vous propose un monitoring en continu s’il y a besoin d’observer certaines constances du bébé. Le projet de naissance doit ainsi intégrer une dimension de souplesse et d’imprévus possibles pour éviter les frustration.
Dans tous les cas, réfléchir et communiquer sur ce projet c’est déjà être acteur de son accouchement. Au moment de l’accouchement, il faudra certainement rappeler certains des éléments mais si on est au clair avec son projet, cela se fait naturellement.
Vous pouvez garder ce projet de naissance dans le sac de maternité et/ou demander au papa de le prendre sur lui pour le relire et rappeler aux professionnels vos souhaits le moment venu.
Chaque période périnatale est un moment unique dans une vie, si vous souhaitez que je vous accompagne de façon personnalisée, n’hésitez-pas à me contacter.

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Suzannie COURRIEU © 2021. Tous droits réservés.