Pour diverses raisons, on peut se questionner sur son mode de contraception. Parmi celles qui poussent à se tourner vers les méthodes naturelles visant à connaître son cycle pour ne pas avoir d’enfant, je vous en livre quelques-unes :
  • toutes les femmes ne supportent pas forcément les contraceptions hormonales (implant, pilule, patch,….) et certaines ont des contre-indications au stérilet : constater des changements de son humeur,  une prise de poids, des céphalées, des ballonnements, des nausées, une baisse de sa libido, des saignements, perte de cheveux, …. peut amener à se tourner vers une méthode naturelle.
  • après avoir utilisé un mode de contraception traditionnel pendant des années on peut avoir envie de changer : migraines à l’arrêt de la pilule, difficulté à retrouver un cycle naturel après l’arrêt de la pilule ou le retrait d’un implant ou d’un stérilet, … sont autant d’éléments qui font réfléchir certaines femmes à se tourner vers des méthodes de contraception plus naturelles.
  • envie d’être à l’écoute de son corps, de respecter le rythme de ce dernier ou encore le besoin de se le réapproprier : se tourner vers les méthodes de contraception naturelle permet de mieux se connaître, de déterminer sa période fertile, d’avoir de « vraies » règles, de mieux discerner ce qui se passe dans le corps, etc.
Comment fonctionne la contraception naturelle ?
Il y a une grande diversité de méthodes de contraception naturelle avec divers noms : Ogino, Bilings, etc.
Lorsqu’on se documente sur le sujet on retient que pour avoir une contraception naturelle assez fiable, il faut généralement réaliser une abstinence périodique ou avoir des rapports protégés durant la période ovulatoire. En gros, on ne fait pas l’amour sans protection durant sa période fertile (soit quelques jours avant et après l’ovulation). Donc une semaine par mois, les rapports non protégés durant cette période risquent de conduire à une grossesse.
Le plus important pour que cela fonctionne est donc d’être en capacité de déterminer la période fertile en repérant le moment de l’ovulation qui peut être différent selon les cycles surtout lorsque les cycles sont irréguliers. Quand on sait que différentes choses peuvent affecter un cycle : le froid, le soleil, la maladie, la peur, la joie, un sommeil perturbé, etc. on peut vite comprendre que ce n’est pas forcément évident.
Pour connaître la période fertile, il est préférables d’associer les différentes méthodes de contraception naturelles et donc :
  • prendre sa température chaque jour, de la même façon, à la même heure, avant de se lever : ce n’est pas évident si on travaille en horaires décalés, et ça peut être fastidieux sur le long terme. Mais bon, quand on voit que regarder son portable au réveil est un automatisme qui n’existait pas avant, prendre sa température peut très bien devenir une habitude. L’idée est de constater quand la température monte par rapport aux autres jours pour déterminer quand a lieu l’ovulation.
  • observer sa glaire cervicale : plus l’ovulation est proche et plus la glaire devient filante, liquide, abondante afin de laisser passer les spermatozoïdes et les nourrir durant leur course vers l’ovule.  Aussi, généralement, durant le cycle, l’apparition de la glaire marque l’entrée dans la période ovulatoire.
  • observer le col de l’utérus : clairement, très peu de femmes sont à l’aise avec cette méthode même en ayant l’habitude de mettre des tampons. L’idée mettre ses doigts au sein du vagin afin de voir si le col est bas, dur et fermé (auquel cas on n’est pas dans une période fertile) ou si au contraire celui-ci est haut, mou et ouvert (et là cela signifie que l’ovulation est proche.
Utiliser une appli (ex : Flo) pour noter ces divers éléments peut grandement aider à visualiser la semaine où aura lieu l’ovulation pour soit ne pas avoir de rapports à ce moment-là, soit en avoir en utilisant une protection.
C’est souvent la mise en route de ce type de contraception qui est compliquée. Avec le temps, si le cycle est régulier, la femme connaît son corps et n’a plus forcément de prendre sa température. En observant sa glaire cervicale et son col ou parfois juste parce qu’elle est très réglée.
Pour les femmes qui allaitent, la méthode MAMA peut être appliquée si elles n’ont pas eu le retour de leur règles, allaitent exclusivement au sein au moins 6 fois par jour et que leur bébé a moins de 6 mois. Sachant qu’il y a toujours des exceptions, cette méthode est peu fiable pour certaines.
Comment avoir un rapport protégé durant la période fertile ?
Parce que l’idée de la contraception naturelle n’est pas forcément de brider sa sexualité, il est possible d’avoir une relation sexuelle durant la période ovulatoire sans risque de grossesse. A ce moment il est possible d’utiliser :
  • Un préservatif (féminin/masculin) : il faut donc en prévoir  au cas où il y aurait l’envie d’avoir une relation sexuelle durant la semaine ovulatoire
  • Un diaphragme ou une cape cervicale, une coupelle en silicone ou un dôme : que l’on doit mettre au fond du vagin avant le rapport et qui doit être laissé jusqu’à 8h après pour la coupelle. Cela peut coûter environ 50€ et être valable 2 ans. On associe à ce diaphragme un spermicide (un gel, ovule ou éponge qui se met dans le vagin afin de tuer les spermatozoïdes)
Certains vont utiliser le « retrait » appelé aussi le « coït interrompu » (se retirer du vagin avant l’éjaculation) comme méthode complémentaire. Il y a clairement un risque d’avoir déjà laissé en route quelques spermatozoïdes présent dans le liquide pré-éjaculatoire.
Et en cas de doute sur la période ovulatoire ?
Votre téléphone vous a lâché alors que toutes les données du cycle y étaient inscrites, vous n’avez pas pu noter tous les symptômes à analyser durant un mois ?
Dans ce cas-là, autant réaliser un test d’ovulation pour savoir si l’ovulation est proche. Avoir une boîte d’une 10aine de test d’ovulation peut vous être utile sachant que la durée de validité est généralement longue et qu’aujourd’hui ces tests sont fiables. Dans des magasins comme « Action » cela ne coûte pas plus de 5€.
Sinon, le principe de précaution est de mise.
Je viens d’accoucher, mon cycle n’a pas redémarrer comment faire ?
C’est la question que peuvent se poser les femmes qui souhaitent avoir une contraception naturelle mais qui n’ont pas encore eu leur retour de couche.
Là encore le principe de précaution est de mise par l’utilisation du préservatif ou sinon du diaphragme ou de la cape cervicale associé spermicide.
Pour conclure :
C’est à chaque couple de choisir la méthode qui lui convient après en avoir mesuré les avantages et les inconvénients. La contraception ne concerne pas que la femme, c’est un sujet qui concerne le couple.
J’ai entendu des témoignages de personnes qui ont eu des grossesses en ayant une contraception naturelle et lorsque j’ai échangé avec elles, peu de ces personnes n’observaient leur glaire cervicale et peu avaient déjà pris leur température. N’en parlons pas de l’observance du col de l’utérus… Elles n’étaient juste pas pleinement informées. Fort heureusement chacune de ces personnes a accueilli le bébé comme un don du Ciel.
Ceci étant, connaître la durée du cycle est avoir une estimation du moment où l’on a ovulé est peu fiable si cela n’est pas associé à d’autres méthodes. Même le ressenti de douleurs au bas ventre ou sur le côté qui expliquerait l’ovulation n’indique pas si on va ovuler le jour J, le lendemain ou le surlendemain.
Les personnes qui utilisent la contraception naturelle n’ont pas forcément un désir enfoui de vivre une grossesse. Cela peut être une décision mûrement réfléchie et ce type de contraception lorsqu’elle cumule multiple méthodes peut même dépasser la fiabilité de certaine méthode de contraception hormonale (type pilule) avec un indice de Pearl de 99,8% !
En fait, quitte à choisir un mode de contraception autant être au clair avec celui-ci, s’informer, mesurer les conséquences, etc. On ne peut pas dire qu’une méthode ne fonctionne pas si on ne l’applique pas vraiment en fonction de ce qui la rend fiable. C’est comme prendre la pilule un jour sur deux ou jamais à la même heure et être surpris de tomber enceinte.
En fait, quand une personne a une grossesse non prévue, ce n’est pas forcément son mode de contraception qui est à remettre en question mais parfois la réelle connaissance/observance de ce dernier. Si cette personne prends la pilule une fois par semaine elle peut tomber enceinte sans l’avoir désirée plus vite qu’une personne qui note la durée de son cycle, mesure sa température chaque matin, observe sa glaire cervicale et son col.
Donc c’est parfois faire un raccourci que de dire si tu prends la pilule est plus fiable qu’utiliser une contraception naturelle. En général c’est vrai, quand on regarde au plus près certaines situations, le constat n’est pas aussi radical.
Tout va souvent  dépendre de la capacité d’observance et de tolérance aux modes de contraception. Il y a des personnes qui vont ne vont plus tolérer le stérilet, l’implant, la pilule, les patchs, etc.  en voyant parfois leur intimité/sexualité bousillée à cause de douleurs lors de rapports liée à une sécheresse vaginale, perte du désir sexuel, saignements abondants une grande partie du mois, migraine, changement d’humeur, état dépressif, etc. et il y en a d’autres qui trouverons contraignant ou ne seront pas à l’aise à l’idée une méthode de contraception naturelle.
C’est à chaque couple de déterminer ce qui lui convient le mieux et de faire en fonction.

 

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Suzannie COURRIEU © 2021. Tous droits réservés.