La Diversification Menée par l’Enfant (appelée aussi l’alimentation autonome) consiste à prendre en compte le rythme et les préférences de l’enfant en lui donnant la possibilité de découvrir des aliments et essayer différentes textures et cela tout seul dès 6 mois.
La DME permet :
– d’avoir un moment de repas familial car pendant que les parents mangent, l’enfant peut manger, selon son propre rythme (en prenant le temps de regarder l’aliment, le toucher, le goûter, etc.) et en toute convivialité.
– au bébé de découvrir les aliments (forme, texture, etc.) par le toucher notamment.
– de donner à son enfant la possibilité de développer davantage sa motricité et sa coordination. En voyant et prenant l’aliment et en le portant de sa main vers sa bouche.
– de respecter son rythme et son appétit : les bébés savent s’arrêter de manger quand ils n’ont plus faim. Or, le fait de les nourrir à la cuillère, au rythme qui est le nôtre (proposer une cuillère dès que celle d’avant a été avalée), c’est parfois leur imposer une cadence et une quantité alors que le bébé à sa capacité à s’arrêter de manger quand il est rassasié. Alors, bien souvent, la personne qui donne à manger s’arrête quand le bébé manifeste qu’il n’a plus du tout faim mais il arrive aussi que le bébé puisse ouvrir sa bouche parce qu’on lui offre de le faire et qu’il le fasse non pas parce qu’il a faim mais en réponse à la proposition de son parent.
– de faire du temps de repas un moment de plaisir : souvent en donnant le repas, le bébé bouge, donc la cuillère va sur la joue, la purée tombe sur les mains et il arrive que le réflexe soit d’essuyer de suite la bouche, les mains etc. avec le bavoir ou autre pour ne pas retrouver de la nourriture partout. Ce qui n’est pas forcément très agréable pour le bébé dont on voit l’expression de son visage changer pour montrer qu’il n’apprécie pas. Il arrive ainsi que son temps de repas soit régulièrement coupé de nettoyage. Si nous adulte on nous le faisait (dès qu’on mange, une personne vient pour bien essuyer nos mains, notre bouche, scruter qu’on a rien mis au sol ou ailleurs) on n’apprécierait plus forcément de manger en compagnie de cette personne.
Quelles précaution prendre pour mettre en place la DME ?
1. Si vous décidez vous aussi d’accompagner votre enfant vers une autonomie dans le domaine de l’alimentation, sachez qu’il est nécessaire de proposer des aliments variés, ayant des qualités nutritionnelles (en calorie, vitamines et minéraux) et étant adaptés à l’âge et au besoin de l’enfant. C’est souvent du bon sens et cela demande de se renseigner sur les besoins alimentaire de son enfant et ses capacités en fonction de son âge.
2. Préférer de démarrer cela quand votre bébé sera capable de s’asseoir, de bien tourner sa tête et de porter les aliments à sa bouche.
3. Il faut également vérifier que votre enfant n’aie pas de problèmes de santé qui seraient en mesure de le mettre en difficulté dans le cadre d’une DME (parlez-en avec un professionnel de santé) : un manque de coordination, un frein lingual, des retards ou des troubles du développement, … peuvent être incompatible avec la DME.
4. Enfin, il faut être au clair avec les freins qu’on a, écarter les risques et déterminer ce qui prioritaire.
Quels sont les freins ?
Les freins lorsqu’on démarre la DME peuvent être liés à la sécurité, aux carences, à la propreté et au gaspillage/économie.
Concernant la sécurité, le plus simple est d’éviter les situations à risques (en ne laissant pas votre bébé seul, en donnant des aliments sécuritaires, en l’installant bien dans une chaise haute, en évitant de la laisser manger si votre enfant n’est pas bien éveillée, etc.), savoir reconnaître les signes d’étouffement (incapacité à pleurer ou produire un son, toux, son aigus,..) et actualiser vos connaissances des gestes qui sauvent.
Pour les aliments sécuritaires à donner,  vers 6/7 mois les aliments doivent dépasser le point fermé et être proposé sous forme de bâtonnets/lanières. Vers 7/8 mois les aliments peuvent avoir la taille d’une balle de golf environ et vers 9 mois, les aliments peuvent avoir la taille d’un dé. Il faut se faire confiance et accompagner le bébé par votre présence, en étant à l’aise et ne pas se forcer si on ne « sent pas » la DME.
Pour ce qui relève des carences, au début, le plus important c’est l’apport en lait et ensuite, il faut être au clair avec les besoins nutritionnels des bébés.
Pour la propreté, entre choisir de passer un temps convivial ensemble durant le repas  en se disant que notre enfant développe une autonomie (coordination, motricité, aptitude à se réguler, …) et voir votre enfant se salir (en avoir sur les mains, dans les cheveux, sur elle, etc.), la chaise haute sale, le plancher plein de nourriture etc. c’est à chacun de définir sa priorité. Dans les faits, il arrive à plusieurs adultes de manger des sandwichs et de faire tomber des miettes, des morceaux de salade et autre ; on ne mange pas toujours  sans rien qui ne dépasse et qui ne tombe. Ceci étant, cela n’empêche pas de s’organiser pour ne pas avoir devoir nettoyer pendant des heures après que votre enfant n’aie mangé. Ainsi, vous pouvez évitez de coller la chaise de haute près d’un mur, mettre du papier journal au sol, proposer à votre Babychou un tablier plutôt qu’un bavoir ,etc.
Enfin, pour le gaspillage/l’économie, la DME nécessite souvent d’anticiper que l’enfant en met de partout et d’augmenter les quantités; ce qui a l’inconvénient de créer du gaspillage. Si vous avez un animal de compagnie, c’est l’occasion éventuellement de lui laisser lécher les restes. Soyez vigilants à ne pas trop gaspiller la nourriture mais il y a des déperditions c’est certain. Au final, il y en a aussi parfois lorsqu’on propose la cuillère au bébé (parce qu’il ne finit pas toujours, parce qu’il bouge et ça tombe sur le bavoir etc.). Au niveau économie, vous pouvez aussi cuisiner plutôt qu’acheter tout le temps des pots. Voyez ce qui vous convient.
Pour conclure :
Il est tout à fait possible de ne pas abandonner totalement ni la cuillère ni les purées et de trouver son équilibre, sans se mettre une quelconque pression pour laisser la place à l’alimentation autonome.
Si le week-end nous vous avez plus de temps que le soir après le travail, pourquoi ne pas essayer la DME ?
Il y a ni enfants ni parents parfaits, l’alimentation autonome ne convient pas ainsi tout le temps, à tous les parents et à tous les enfants. Cela demande un certain « lâcher-prise » et une organisation (pour prévoir les repas adaptés dans la forme et en termes de qualités nutritionnelles) qu’on peut parfois avoir et des fois non. Dans tous les cas, les avantages de la DME sont indéniables et comme pour beaucoup de chose, le tout est souvent de trouver un équilibre.

 

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Suzannie COURRIEU © 2021. Tous droits réservés.