Lorsqu’on parle de la grossesse, l’un des réflexes pour la plupart des personnes est de s’intéresser à la maman : comment se porte t-elle? A-t-elle des nausées? Est-elle fatiguée? … Et, on en n’oublie ainsi parfois le père.
Alors que les femmes ont souvent des personnes ressources à qui se confier et qu’elles se livrent souvent plus facilement, la société actuelle demande généralement aux hommes de réprimer leurs émotions. Dès le plus jeune âge on entend encore des phrases du style « tu es un garçon, ne pleure pas » et encore aujourd’hui la virilité d’un homme est questionnée s’il est ému aux larmes, s’il manifeste une certaine douceur, etc.
C’est dans ce contexte que les inquiétudes des papas ne sont pas toujours entendues. Pourtant, la venue d’un bébé n’impacte pas que la future maman. Beaucoup de pères témoignent d’ailleurs que le bébé qui grandit dans le ventre est « abstrait » pour eux. Là où la mère ressent des symptômes liée à la grossesse, voit son corps changer, sent son bébé bouger,… il en est pas de même pour le père.
Pour avoir une place, il faut en principe soit la prendre soi-même soit accepter de s’en saisir lorsqu’on nous la laisse. Or, dans le cadre d’une grossesse, cela peut être compliqué pour le papa de comprendre quand on lui laisse vraiment la place et de se sentir légitime de prendre sa place.
Il suffit d’observer les soins portés à la maternité à la femme sur le point d’accoucher. Combien de fois le personnel médical prend-il vraiment le temps de s’inquiéter pour le papa? Le siège de l’accompagnant dans une chambre à la maternité sont-il souvent agréable?  … Le rôle du père ne se limite pourtant pas à juste couper un cordon ombilical ou encore à simplement porter les valises de maternité et aller déclarer en mairie le bébé né.
Prendre conscience que la grossesse concerne certes la mère mais aussi le père, c’est déjà donner la place au papa. 
C’est la raison pour laquelle il est important de parler de ce qui est souvent source d’inquiétude pour les hommes.
Cet article part aussi de la volonté de dire aux futurs papas qu’il est normal d’avoir des craintes, que ces dernières peuvent être communiquées et qu’ il est bon de pouvoir en parler pour ne pas rester seul et démuni. Réprimer des émotions est rarement bon pour le bébé, pour la maman et pour soi.
Voici les craintes fréquentes évoqués par les pères :
1. Ne pas pouvoir subvenir aux besoins : on est habitué à vivre avec nos revenus pour deux, qu’en sera t-il lors qu’on sera trois voire plus ? Va t-on pouvoir y arriver? Quel sacrifice devra t-on faire ?
2. Ne pas être en mesure de protéger son foyer : et s’il arrive quelque chose au bébé? à sa maman?  Vais-je être un bon papa ?
3. Être impuissant le jour de l’accouchement (surtout pour un 1er enfant) : et si je m’évanouis ? Est-ce que je sers à quelque chose ? Et s’il y a des complications ? Est-ce que je vais garder mon calme?
5. Être mis de côté : ma femme va devenir mère, le bébé va t-il prendre ma place ? Est-ce que ma femme me laissera m’occuper du bébé ?
D’autres craintes peuvent se rajouter comme : Vais-je être à la hauteur en tant que père et conjoint? Serai-je un bon père? Ma femme va t-elle retrouver son corps d’avant? Notre sexualité sera t-elle toujours la même? Pourrons-nous continuer nos activités? etc.
Pour conclure :
La parentalité est un apprentissage. Il n’est pas inné d’être un papa ou d’être une maman. Entre doutes et espoirs, un équilibre est à trouver. L’arrivée d’un bébé peut être source d’une multitude de bouleversements et de questionnements, c’est donc l’occasion de se souder encore plus dans le couple et de faire « un » pour être plus fort.
Prendre conscience de ses craintes c’est déjà un pas pour pouvoir les gérer. Les mères sont parfois tellement préoccupée par le bébé qu’elles ne réalise pas toujours qu’à être focalisée sur l’enfant elle ne communique plus toujours comme il faudrait avec le papa. De son côté, le papa veut rarement contrarier la maman durant la grossesse et n’a pas toujours l’assurance de faire ce qu’il faut avec un nouveau-né.
Une parentalité bienveillante passe aussi par un couple où chacun prend soin de l’autre et réalise une réelle écoute des besoins du conjoint (et non uniquement des siens). Cela signifie aussi accepter que l’autre soit différents, vulnérable, pas prêt à gérer la situation, etc. et en définitive se soutenir mutuellement pour grandir ensemble dans cette tâche de prendre soin d’un enfant.
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Suzannie COURRIEU © 2021. Tous droits réservés.